Macros prise de masse : calcul et ratios optimaux
Par Kellie · Coach sportive & nutritionniste
Publié le 6 avril 2026 Mis à jour le 4 août 2026
Tes macros se calculent dans cet ordre : ta dépense (TDEE) plus 200 à 400 kcal de surplus, puis 1,8 g de protéines et 0,9 g de lipides par kilo de poids de corps, et enfin les glucides avec toutes les calories qui restent.
Le fameux ratio 30/45/25 que tu as lu partout, lui, n'est pas une consigne. C'est un résultat — et appliqué tel quel, il t'envoie manger 3 g de protéines par kilo.

Pourquoi les ratios en pourcentage te font fausse route
Ouvre n'importe quel article sur le sujet et tu tomberas sur la même recette : 30 % de protéines, 45 % de glucides, 25 % de lipides. Fais le calcul jusqu'au bout. À 3 000 kcal, 30 % de protéines font 900 kcal, soit 225 g. Pour un pratiquant de 75 kg, cela représente 3 g par kilo de poids de corps — alors que ces mêmes articles t'expliquent trois paragraphes plus haut que la fourchette utile s'arrête à 2,2 g/kg.
Un pourcentage, c'est une part de gâteau : sa taille dépend entièrement de la taille du gâteau. Or tes besoins en protéines ne dépendent pas du nombre de calories que tu manges ce mois-ci, ils dépendent de la quantité de muscle que tu transportes. Deux choses différentes, deux unités différentes.
D'où la méthode que tu vas appliquer plus bas, et que notre calculateur de macros utilise déjà pour tous les objectifs : les protéines et les lipides sont des planchers exprimés en g/kg, les glucides sont le solde. Le pourcentage, tu le lis à la fin, par curiosité.
Il y a une conséquence à laquelle il faut te préparer : construite proprement, une journée de prise de masse atterrit autour de 55 à 65 % de glucides. C'est bien plus que les 45 % annoncés partout, et c'est normal — le surplus calorique doit bien aller quelque part, et il ne peut aller ni dans les protéines (plafonnées par ton poids) ni dans les lipides (plafonnés pour la même raison).
Calcul de tes macros prise de masse, étape par étape
Trois étapes, dans cet ordre. On prend comme fil rouge un homme de 75 kg, 178 cm, 25 ans, modérément actif (3 à 5 séances par semaine).
Étape 1 — Ta dépense énergétique, puis ton surplus
On passe par la formule de Mifflin-St Jeor, la plus fiable des équations d'estimation du métabolisme de base :
- Homme : métabolisme de base = (10 × poids en kg) + (6,25 × taille en cm) − (5 × âge) + 5
- Femme : métabolisme de base = (10 × poids en kg) + (6,25 × taille en cm) − (5 × âge) − 161
- TDEE = métabolisme de base × facteur d'activité (1,2 sédentaire → 1,9 athlète)
Pour notre profil : (10 × 75) + (6,25 × 178) − (5 × 25) + 5 = 1 743 kcal de métabolisme de base. Multiplié par 1,55, cela donne un TDEE de 2 702 kcal. On ajoute 300 kcal de surplus, soit une cible de 3 002 kcal par jour — disons 3 000.
Pourquoi 300 et pas 800 ? Parce que ton plafond de construction musculaire ne bouge pas quand tu manges davantage : les calories excédentaires partent en graisse, point. Le détail des rythmes atteignables est dans notre guide combien de kilos par mois en prise de masse, et si tu veux serrer le surplus au minimum viable, lis la prise de masse sans gras.
Étape 2 — Tes planchers en protéines et en lipides
Ces deux macros se calculent sur ton poids de corps, jamais sur tes calories.
Pour nos 75 kg : 135 g de protéines (1,8 × 75) et 68 g de lipides (0,9 × 75). La fourchette utile en protéines va de 1,6 à 2,2 g/kg — 1,8 est un bon défaut en surplus calorique, et les cas où monter à 2,2 change quelque chose sont détaillés dans notre article sur les protéines en prise de masse.
Étape 3 — Les glucides récupèrent le reste
Convertis d'abord tes deux planchers en calories : 1 g de protéines et 1 g de glucides valent 4 kcal, 1 g de lipides vaut 9 kcal.
- Protéines : 135 g × 4 = 540 kcal
- Lipides : 68 g × 9 = 612 kcal
- Glucides : (3 002 − 540 − 612) ÷ 4 = 463 g
Ta journée fait donc 135 g de protéines, 463 g de glucides, 68 g de lipides. Traduit en pourcentages : 18 / 62 / 20. Loin du 30/45/25 — et pourtant c'est bien cette version-là qui respecte les fourchettes en g/kg.
Calculateur de macros prise de masse
Entre tes informations : le calculateur applique exactement les trois étapes ci-dessus (Mifflin-St Jeor, planchers en g/kg, glucides en solde) et relève automatiquement le plancher lipidique à 1 g/kg pour les femmes.
Calculateur de macros prise de masse
Besoin d'aller plus loin — sèche, maintien, recomposition corporelle, tour de taille, export PDF ? Passe par notre calculateur de macros complet, qui couvre tous les objectifs. Et si ton objectif est de perdre du gras plutôt que d'en prendre, va directement au guide de la sèche en musculation.
Trois profils chiffrés pour te situer
Ces trois exemples sortent du calculateur ci-dessus, avec un niveau d'activité modéré (3 à 5 séances par semaine) et un surplus de +300 kcal.
Regarde les deux premières lignes : l'homme de 70 kg reçoit presque autant de glucides que celui de 80 kg (462 contre 459 g). Ce n'est pas une coquille. Ses planchers protéines et lipides sont plus bas, donc le solde qu'il reste à combler est plus gros. C'est toute la logique de la méthode : les glucides sont la variable d'ajustement, pas une cible en soi.
Le cas des femmes
Sur la troisième ligne, les lipides sont à 1 g/kg et non 0,9. Ce n'est pas un détail de confort : un apport lipidique trop bas perturbe le cycle menstruel et l'équilibre hormonal, et c'est la première chose que je regarde quand une cliente me dit que ses règles sont devenues irrégulières depuis qu'elle « fait attention ».
Deuxième particularité, sur la balance cette fois : la rétention d'eau de la phase lutéale, juste avant les règles, fait bouger le poids de 1 à 2 kg sans le moindre rapport avec le gras. Si tu compares une pesée de phase lutéale à une pesée de début de cycle, tu ne mesures pas ta prise de masse, tu mesures ton cycle. Compare toujours deux points pris au même moment.
Une fois tes chiffres en main, il reste à les transformer en assiettes : nos trois journées types chiffrées au gramme (2 200, 2 500 et 2 800 kcal) font exactement ça, et notre sélection des meilleurs aliments pour la prise de masse te donne de quoi les construire.
Ce que fait réellement chaque macronutriment
Trois familles de nutriments, trois rôles qui ne se remplacent pas. Comprendre lequel fait quoi t'évite de sacrifier le mauvais quand il faut couper quelque part.
- Protéines — 4 kcal/g. Le matériau de construction. Elles apportent les 9 acides aminés essentiels que ton corps ne sait pas fabriquer et déclenchent la synthèse des protéines musculaires. Elles ont aussi l'effet thermique le plus élevé des trois : une partie de leurs calories part dans leur propre digestion. Sources : poulet, œufs, poisson, fromage blanc, légumineuses, whey.
- Glucides — 4 kcal/g. Le carburant de la séance. Ils rechargent le glycogène musculaire, celui que tu vides série après série. Un stock plein, c'est deux ou trois répétitions de plus sur tes séries lourdes — et sur douze semaines, ces répétitions font la différence. Sources : riz, flocons d'avoine, patate douce, pâtes complètes, quinoa.
- Lipides — 9 kcal/g. Le support hormonal. En dessous de 20 % des calories totales, la production de testostérone décroche, et chez la femme c'est le cycle qui trinque en premier. Ils permettent aussi d'absorber les vitamines A, D, E et K. Sources : huile d'olive, avocat, oléagineux, poissons gras, œufs entiers.
La question du moment où tu places ces macros dans la journée est une autre histoire, traitée dans notre guide du timing nutritionnel. Un conseil quand même : garde le gros de tes glucides autour de la séance, c'est le seul créneau où leur placement change quelque chose de mesurable.
Ajuster et suivre tes macros dans la durée
Un calcul de macros est une hypothèse de départ, pas un verdict. Les formules d'estimation se trompent couramment de 200 à 300 kcal — la seule donnée qui tranche, c'est ce que fait ta balance sur plusieurs semaines.
Le rythme que tu dois observer
Un débutant vise 1 à 2 kg par mois sur la balance, un intermédiaire 0,5 à 1 kg, un avancé 0,25 à 0,5 kg. Une femme se situe autour de 60 % de ces valeurs à niveau équivalent. Attention à l'unité : ce sont des kilos de balance, dont environ la moitié seulement est du muscle. Le détail par niveau est dans notre guide combien de kilos par mois.
Traduit en pratique, 1 kg par mois représente 250 g par semaine. Or ton poids varie de 0,5 à 1,5 kg d'un jour à l'autre selon l'hydratation, le sel et le transit. Le signal que tu cherches est donc quatre à six fois plus petit que le bruit : impossible de le lire sur une pesée isolée. Pèse-toi 3 fois par semaine le matin à jeun, et compare des moyennes hebdomadaires à trois ou quatre semaines d'intervalle.
Quand et comment corriger
- Poids stable depuis 3 semaines. Ajoute 200 kcal par jour, uniquement en glucides (environ 50 g). Ne touche ni aux protéines ni aux lipides : ils sont déjà à leur plancher.
- Poids qui grimpe trop vite, tour de taille en hausse. Retire 150 à 200 kcal de glucides. Le tour de taille est ici plus informatif que la balance : c'est lui qui distingue le muscle du gras.
- Coup de mou à l'entraînement. Regarde tes glucides avant de blâmer ton programme. C'est la macro qu'on rogne inconsciemment quand on a peur de prendre du gras.
- Poids qui monte mais charges qui stagnent. Le problème n'est plus dans l'assiette. Regarde du côté du volume d'entraînement ou de notre diagnostic pourquoi je ne prends pas de muscle.
Avec quoi compter
Compte sérieusement pendant 2 à 3 semaines, le temps d'apprendre à quoi ressemblent 40 g de protéines dans une assiette. Ensuite, tu peux relâcher : personne ne pèse ses aliments pendant douze mois, et ce n'est pas ce qui fait la différence.
Les erreurs qui faussent tout le calcul
- Surestimer son niveau d'activité. C'est de loin l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle fausse tout le reste. Une cliente que j'accompagne cochait « très actif » : métier de bureau, quatre séances par semaine. Son objectif sortait à 2 750 kcal, elle a pris 1,4 kg le premier mois et 2 cm de tour de taille. Repassée sur « modérément actif », à 2 450 kcal, son rythme est retombé à 0,6 kg par mois — pour exactement la même progression en salle. Le curseur d'activité décrit ta journée entière, pas tes séances.
- Appliquer un pourcentage sans vérifier le g/kg. C'est le sujet de tout cet article. Après ton calcul, divise systématiquement tes protéines par ton poids : si tu dépasses 2,2 g/kg, ton ratio est faux, pas ton corps.
- Couper les lipides pour « faire de la place » aux glucides. Ils sont à 9 kcal/g, donc ce sont eux qu'on sacrifie en premier quand on cherche des calories à déplacer. Sauf qu'en dessous de 20 % des apports, tu paies en hormones ce que tu gagnes en glycogène.
- Oublier les calories liquides. Jus, sodas, lait, bières : elles ne remplissent pas l'estomac et passent sous le radar du comptage. Un verre de jus d'orange, c'est environ 110 kcal et 25 g de glucides — trois par jour et ton surplus a doublé sans que tu t'en rendes compte.
- Ne jamais recalculer. Des macros établies à 75 kg ne conviennent plus à 80 kg : le TDEE monte avec le poids. Refais le calcul tous les 4 à 5 kg pris, ou toutes les 6 à 8 semaines.
- Changer de plan toutes les semaines. Trois semaines, c'est le minimum pour distinguer un vrai signal du bruit de la balance. En dessous, tu réagis à du hasard — et tu ne sauras jamais ce qui a marché.
Pour resituer les macros dans l'ensemble de ton alimentation, notre guide des bases de la nutrition sportive remet la hiérarchie dans l'ordre : calories d'abord, macros ensuite, timing et compléments loin derrière.
Questions fréquentes sur les macros en prise de masse
Quelles macros pour une prise de masse ?
Quelles macros pour 3 000 calories en prise de masse ?
Le ratio 30/45/25 est-il bon pour la prise de masse ?
Quelles macros pour une femme en prise de masse ?
Faut-il compter ses macros tous les jours ?
Les macros changent-elles les jours de repos ?
Que faire si mon poids ne bouge pas malgré mes macros ?
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Tes macros sont posées. Et l'entraînement ?
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